Pendant dix ans, j'ai exercé comme assistante sociale en protection de l'enfance et en espace rencontre parents-enfants. Ce sont des terrains où l'on apprend à lire ce que les mots ne disent pas encore : une tension dans les épaules, un silence qui traîne un peu, la façon dont un corps se tient quand il porte trop.
Je n'avais pas de table de massage en ces lieux, mais j'avais déjà une conviction profonde : ce qui se passe dans le corps compte autant que ce qui se dit et ce qui se tait.
En 2021, mon post-partum en plein confinement fait basculer quelque chose en moi. La naissance et le changement identitaire que cela implique chez les parents, et les mères en particulier, me passionnent.
Je commence à me former autour de la périnatalité et de la matrescence, dans le prolongement naturel de mon parcours professionnel et de ma vie personnelle. Je suis la formation de Karine Laseva sur l'approche quantique de la naissance. Puis je pars dans la vallée des Écrins recevoir la transmission du soin rituel Rebozo de Mélanie Payre.
Ce jour-là, dans ce lieu, quelque chose se met en place que je n'arrive pas encore tout à fait à nommer — mais que je reconnais.
La Belle Traversée est née de tout ça. Des années passées auprès des familles. Des formations reçues, des rencontres avec les familles, des expériences vécues ou témoignées.
Le sens de mon travail est d'offrir un espace où les femmes puissent se déposer et se relier à elles-mêmes et à d'autres, pour traverser sans être seules.
Je crois que les femmes sont de grandes alchimistes : elles transforment des événements difficiles en véritable force.
Je travaille au sein du Pays voironnais et du bassin grenoblois, avec mes mains, mes tissus Rebozo, et tout ce que dix ans de terrain m'ont appris sur ce que le lien humain transforme.